L’apprentissage collaboratif a joué un rôle très important dans ma formation cette année. J’apprécie beaucoup le travail à deux ou en groupe en général, parce que je trouve que l’échange et le dialogue sont des moteurs indispensables dans tout projet. L’apprentissage collaboratif occupe une part importante de la formation AIGEME, aspect que j’ai trouvé très positif. Si j’apprécie de travailler seule et de chercher des solutions pour résoudre des problèmes, je ressens néanmoins toujours à un moment ou un autre le besoin d’échanger avec d’autres (pairs ou référents) pour questionner mes hypothèses et idées et tout simplement pour l’interaction sociale, qui ajoute du sens et parfois du piment à tout ce que l’on entreprend !
Dans le contexte de la formation ouverte et à distance, le travail en binôme ou en groupe, les échanges participatifs et l’entraide sont indispensables. Ces moments et ses approches font d’ailleurs partie intégrante du dispositif. Seul, on peut avoir du mal à se motiver, à rester dans les rails, à comprendre ce qu’on attend de nous en tant qu’apprenant, etc. Il devient rapidement “vital” de soumettre des questions, proposer des solutions, recueillir l’avis des uns et des autres, au risque notamment de se perdre dans la multitude d’informations présentes sur la plateforme de cours et de se noyer dans la quantité de questions qui ne peuvent trouver réponse au moment où on se les pose. Et oui, dans la formation à distance, il faut faire avec l’effet retard et le mode asynchrone. On ne peut pas toujours poser une question en direct à un interlocuteur et s’attendre à avoir une réponse immédiate. Entretenir le dialogue avec les autres permet d’avancer et de désamorcer des difficultés parfois sources d’anxiété.
Les interactions entre apprenants et avec les enseignants sont indispensables et le travail en binôme/groupe crée des liens. Ainsi, on existe plus seulement comme apprenant individuel inscrit à une formation, mais comme membre d’une communauté ayant un (et souvent plusieurs) rôle et des liens multiples avec les autres membres. Comme nous sommes des êtres sociaux, nous avons besoin d’interagir et de construire, lorsque cela est possible, des relations avec d’autres. J’ai eu la chance que cela soit possible au sein de cette promotion. Je crois que ceux et celles qui partagent cette expérience en sont ressortis plus riches et plus forts.
La formation AIGEME est résolument axée sur l’approche socio-constructiviste de l’apprentissage. Au stade adulte où nous sommes, à notre niveau d’études et pour une formation dont la spécialité est la FOAD, il serait d’ailleurs malheureux que le dispositif ne repose pas sur cette approche. Elle requiert de la part des apprenants une aptitude à l’auto-apprentissage, par la nature même du mode d’apprentissage – la FOAD – et parce que les enseignants ne sont pas tous aussi disponibles qu’on le souhaiterait. Il en résulte parfois une certaine frustration. L’évaluation repose en grande partie sur des travaux collaboratifs, coopératifs et participatifs, ce qui permet de gagner du temps et d’apprendre davantage de choses en peu de temps, et de réaliser des projets plus intéressants que ce qu’on aurait pu faire seul dans le même laps de temps. En effet, le domaine de la FOAD est vaste, nous avons eu à mener de front un grand nombre de projets et à construire nos connaissances et acquérir des savoir-faire dans des champs multiples de la FOAD. Dans ce type de formation professionnelle hautement spécialisée, l’efficacité et le rendement sont des mots qui ne doivent pas faire peur aux apprenants !
C’est ainsi que j’ai accompli bon nombre de mes projets en binôme, souvent avec la même personne d’ailleurs (on ne change pas une équipe qui gagne) et un projet conséquent en groupe dans le cadre du module “Transmission des connaissances”. Le travail en binôme et le travail en groupe imposent des règles différentes. On passe du mode de relation duel, auquel on est culturellement habitués, à une relation plurielle qui fonctionne sur le mode réseau, ce qui est bien plus complexe à gérer, d’autant plus qu’on ne connaît pas bien les membres du groupe. Pour ce projet, il fallait bien entendu gérer les aspects techniques du travail collaboratif à distance (outils collaboratifs, planning et délais, décalage horaire) mais aussi les aspects humains du travail en groupe. Une expérience intéressante qui s’est révélée personnellement positive et source de réflexion. C’était l’occasion en effet d’observer et d’analyser nos propres fonctionnements et ceux des autres membres du groupes, notre degré d’implication, notre aptitude à la prise de décision, les rôles implicites au sein du groupe et enfin les modes d’intervention et d’échange privilégiés par les uns et les autres. Ce fut avant tout un cas pratique difficile que nous a soumis l’enseignant de ce module, Mr Florimond Rakotonoelina ; une mise en situation quasi-réelle avec toutes les questions liées au travail de groupe (tâches collaboratives vs tâches coopératives, esprit d’équipe, gestion du stress, communication, etc.), réalisé à distance (décalage horaire, interculturalité, interprétation des “silences”, etc.), selon des consignes précises à respecter (évaluation critériée) et toute la complexité du domaine de la transmission des connaissances dans le contexte de la conception pédagogique multimédia.
